Stand up

Je ne monte pas sur scène pour aller mieux.

Je monte sur scène parce que ça coûte moins cher qu’une thérapie,
et que rire reste la façon la plus élégante
de dire des choses graves sans appeler ça un problème.

J’ai 40 ans, un corps fatigué, un cerveau en roue libre,
et assez de recul pour ne plus faire semblant.

Si ça fait rire, parfait.
Si ça dérange, j’avais prévenu.

Ce stand-up n’est pas un tour de chauffe.
C’est un état des lieux.

À 40 ans, on ne fait plus semblant d’aller bien.
On fait avec.
Le corps qui grince, la tête qui déborde, les rêves réorganisés,
la lucidité qui arrive sans prévenir et qui ne demande plus l’autorisation.

Sur scène, je parle de l’âge, du physique, de la santé mentale,
des ambitions abandonnées, de celles qu’on garde sous le coude,
de la famille, de la paternité, de la solitude,
du travail qu’on fait “faute de mieux”
et de tout ce qu’on continue quand même.

C’est un humour noir, direct, parfois inconfortable.
Pas pour choquer.
Pour être précis.

On y croise des rêves d’architecte devenus fac d’art,
quinze ans de photographie arrêtés net par le réel,
des bureaux trop calmes, des souris d’ordinateur fixées trop longtemps,
du death metal après de la musique zen,
des jeux de rôle papier pour survivre à la réalité
et des chats qui jugent en silence.

Le rire n’est pas là pour rassurer.
Il est là pour respirer.

Ce spectacle ne promet pas d’aller mieux.
Il promet de ne pas mentir.

Si ça fait rire, tant mieux.
Si ça dérange, c’est normal.