Je photographie sans chercher à figer le temps.
Je regarde, j’attends, et parfois une lumière, un visage
ou un détail accepte de rester.
Alors l’image devient mémoire, non pas fidèle, mais sincère.
Cette image a été créée par IA.

Je photographie depuis quinze ans.
Avant d’être un langage, c’était un métier. Un rythme, des commandes, des délais, des attentes. J’ai appris la technique, la lumière, le cadrage. J’ai appris à faire des images qui fonctionnent.
Mais si j’ai tenu si longtemps, ce n’est pas pour la maîtrise.
C’est pour l’instant juste avant. Celui où tout s’aligne sans prévenir. Un regard, une respiration, une présence qui accepte d’être vue.
La photographie m’a appris à attendre. À ne pas forcer. À comprendre que le monde ne se donne pas, il se laisse approcher. Appuyer sur le déclencheur n’est jamais un geste de prise, c’est un geste d’écoute.
Pendant des années, j’ai photographié pour répondre à une demande. Aujourd’hui, je photographie pour rester attentif. Aux détails minuscules, aux scènes ordinaires, à ce qui passe sous les yeux de tout le monde et que personne ne regarde vraiment.
Photographier a été mon métier.
C’est resté mon regard.
Je continue parce que l’image me rappelle que tout est fragile, provisoire, et donc précieux. Parce qu’une photo n’arrête pas le temps, mais elle lui dit : je t’ai vu.
Et tant que j’aurai cette patience-là, cette façon de me tenir en retrait pour mieux voir, je continuerai à photographier.
Non pour prouver, mais pour témoigner.
Costa Adeje — Tenerife — Islas Cañarias — España



Les Alpes — Lac d’Annecy — Chamonix — Le Mont-Blanc — France



