Dessins

Les dessins viennent quand les mots se reposent.

Cette image a été créée par IA.

Je dessine parce que certaines choses refusent les mots.
Elles se dérobent, se contractent, se taisent dès qu’on essaie de les nommer. Alors je trace. Un trait après l’autre, sans phrase, sans justification.

Je dessine pour ralentir ma pensée. Le dessin oblige la main à décider, à rester là, à ne pas fuir. Chaque ligne est une petite promesse tenue : rester jusqu’au bout du geste.

Je dessine quand les idées sont trop floues pour être écrites, mais trop présentes pour être ignorées. Le papier devient alors un terrain d’essai.
Je n’y cherche pas la beauté, j’y cherche la vérité du moment.

Je dessine pour parler sans convaincre. Sans expliquer. Un dessin ne débat pas, il existe. Il laisse l’autre libre d’y entrer ou de passer son chemin.

Je dessine parce que l’erreur y est permise. Un trait tremble, déborde, se reprend. Rien n’est définitif. C’est un espace où je peux échouer sans bruit.

Je dessine des animaux, des symboles, des formes simples, parce qu’ils savent des choses que j’ai oubliées. Ils n’ont pas besoin de discours. Ils sont.

Je dessine pour me souvenir que créer n’est pas produire.
C’est écouter la main quand la tête parle trop fort.

Et quand le dessin tient debout tout seul, sans explication,
alors je sais que j’ai touché quelque chose de vrai.