La Côte d’Opale, c’est le Nord qui regarde l’horizon droit dans les yeux.
Un bout de France où le ciel n’est jamais le même deux fois, où le vent raconte des histoires sans demander la permission.
Ici, la mer n’est pas décorative. Elle est vivante, parfois rude, souvent magnifique. Elle gronde, se retire, revient, comme une respiration immense. Les vagues frappent les falaises blanches et les longues plages de sable s’étirent à perte de vue, sauvages, presque indifférentes à notre passage.
Les caps — Blanc-Nez, Gris-Nez — découpent le paysage avec une élégance brute. D’un côté l’Angleterre se devine dans la brume, de l’autre la Manche s’étale, puissante et imprévisible. On marche là-haut avec l’impression d’être minuscule, mais étonnamment vivant.
Les villages côtiers ont ce charme discret, sans fard. Des maisons battues par les vents, des ports modestes, des cafés où l’on se réchauffe avec un chocolat chaud ou une bière locale pendant que le ciel décide de passer du bleu au gris en cinq minutes chrono. Personne ne s’en offusque. C’est la règle du jeu.
La lumière, surtout, fait tout. Elle glisse sur le sable humide, transforme la mer en métal liquide, embrase le ciel au coucher du soleil. Par moments, tout devient presque irréel, comme si le monde hésitait entre tempête et poésie.
La Côte d’Opale, ce n’est pas une carte postale figée.
C’est un paysage qui bouge, qui résiste, qui respire fort.
Un endroit où l’on vient se vider la tête, se faire fouetter par le vent, et repartir un peu plus droit, les poumons pleins et l’esprit clair.
Coup de cœur du photographe : le vieil homme. Qu’en pensez-vous ?

Cette photo est mon coup de cœur parce qu’elle me parle de transmission, sans jamais employer le mot. Elle montre quelqu’un qui regarde le monde avec attention, pas pour le consommer, mais pour le comprendre, pour en garder une trace juste.
Ce qui me touche d’abord, c’est la concentration. Tout son corps est engagé dans le geste : les mains sûres, le regard précis, le temps suspendu. On sent l’expérience, la patience acquise au fil des années. Rien n’est pressé. Rien n’est gratuit. Il photographie comme on écoute quelqu’un parler vraiment.
La lumière joue un rôle essentiel. Elle découpe son visage, souligne la barbe, les rides, le bonnet, le manteau usé. Elle raconte une vie vécue dehors, dans le réel, au contact des gens et des lieux. Ce n’est pas une lumière flatteuse ; c’est une lumière honnête. Et j’aime cette honnêteté.
Ce que j’aime surtout, c’est qu’il est en retrait. Il ne cherche pas à être vu. Il observe. Il capte. Il laisse la place au sujet. Cette posture me parle profondément : être présent sans envahir, regarder sans voler, témoigner sans s’imposer.
Si cette photo est mon coup de cœur, c’est parce qu’elle incarne exactement ce que j’aime dans la photographie — et peut-être dans la vie. Prendre le temps. Respecter ce qui est là. Accepter de n’être qu’un passeur de lumière, un instant, avant de disparaître du cadre.













