COSTA ADEJE

Costa Adeje, c’est le sud de Tenerife quand il a décidé de bien vieillir.

Ici, l’île volcanique se fait douce sans se renier. Le noir de la roche est toujours là, tapi sous les sols clairs, mais il laisse place à des plages dorées, des promenades aérées et une lumière presque insolente. Le soleil n’éclaire pas : il sculpte. Les façades blanches, les palmiers élancés, les terrasses ouvertes sur l’Atlantique semblent posés là pour dialoguer avec l’horizon.

La mer, omniprésente, impose son rythme. Elle est calme, profonde, parfois d’un bleu si net qu’on a l’impression qu’elle a été pensée par un architecte. Le soir, elle devient miroir, absorbant les roses et les oranges du ciel, pendant que la ville s’allume sans bruit, sans urgence.

Costa Adeje n’est ni un village figé, ni une station tapageuse. C’est un équilibre.
Un endroit où le confort moderne cohabite avec la mémoire minérale de l’île. Où l’on marche lentement, même quand on n’est pas pressé. Où l’on comprend que le luxe véritable, c’est l’espace, la lumière, et le temps qui s’étire.

C’est un lieu pour regarder loin.
Et, souvent, pour se regarder soi-même sans détour.

Coup de cœur du photographe : El Puertito. Qu’en pensez-vous ?

Cette photo est mon coup de cœur parce que je ne l’ai pas trouvée par hasard. Je l’ai découverte. Et la nuance est essentielle.

El Puertito n’a rien d’un décor tapageur. Il faut accepter de s’écarter un peu, de marcher sans objectif précis, de regarder autrement. Cette image est née de ça : d’une attention discrète, d’un regard qui traîne là où personne ne presse le pas. Je n’étais pas en chasse d’une photo. J’étais disponible. Et c’est précisément pour ça qu’elle s’est offerte.

Ce qui me touche, c’est cette sensation d’intimité silencieuse. Rien ne s’impose. Tout se suggère. La lumière n’appelle pas, elle accompagne. Les formes, les textures, les couleurs semblent avoir attendu que je sois prêt à les voir. Comme si le lieu me disait : “Tu es là, maintenant. Alors regarde.”

J’aime cette idée que la beauté ne se montre pas à ceux qui la cherchent trop fort. Elle se révèle à ceux qui prennent le temps, qui doutent, qui s’autorisent à se perdre un peu. À El Puertito, je n’ai pas collectionné des images. J’ai laissé un endroit me traverser. Cette photo en est la trace.

Si elle est mon coup de cœur, c’est parce qu’elle me rappelle que les plus belles découvertes ne sont jamais le fruit du hasard, mais de la disponibilité. Être là, vraiment. Sans attente. Et accepter que parfois, le monde se dévoile à voix basse.